Chroniques sans tabous sur le monde qui nous entoure

OUI à la précarité... de la vie !

18 janvier 2008

2008, le retour

2008 une nouvelle année démarre et le blog redémarre !

A suivre, donc...

A bientôt !

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19 février 2007

Dans le panneau !

Si vous habitez en ville, vous êtes sans doute habitués à ces grands panneaux à affichage digital de quelques lignes, présents aux endroits stratégiques. Ces panneaux, en plus de vous tenir au courant de la date, de l’heure, et éventuellement de la température (histoire de bien vous rassurer des fois que la canicule d’été ou le gel d’hiver vous ait échappé…), vous informent sur l’actualité de votre commune et de votre quartier. Je ne sais pas comment cela se passe chez vous, mais les exemples que je connais sont assez déprimants. Hormis les programmes de cinéma et les éventuels spectacles, on a surtout droit à toutes sortes d’informations passionnantes et vivifiantes : SOS alcoolisme, SOS enfants, SOS femmes battues, SOS SDF, SOS personnes âgées, SOS défense de vos droits, etc… Je me sens presque comme un étranger à lire indéfiniment ces panneaux qui ne s’adressent qu’à une seule tranche de la population, minoritaire, et que l’on souhaite apparemment privilégier dans la communication. A lire jour après jour ces litanies de sous information, régler ses problèmes soi-même, assumer sa vie d’adulte, ne pas se reposer sur la collectivité sans avoir préalablement tout essayé, tous ces comportements de bon sens et responsables en deviennent presque à être considérés comme anormaux. C’est comme si on était dans un pays où seraient tellement vantés les organismes de prise en charge des boiteux que l’on en viendrait presque à avoir honte de faire l’effort de se maintenir en forme.

Il est vrai que les associations de toutes sortes fleurissent tous les jours sur ces types de sujet, abreuvées de tout côté par la bonne conscience démagogique des politiques (de toutes tendances) de la région ou du département. Ces associations cherchent souvent désespérément comment dépenser les sommes importantes qui leur sont allouées, presque à leur tort défendant. J’ai encore vécu récemment l’exemple d’une association recherchant auprès de collectivités et d’établissements scolaires à implanter divers projets à seule fin de dépenser des sommes parachutées dont elle ne trouvait pas d’application. Ou tout au moins si : à force d’organiser des réunions pour trouver quoi faire, le budget finira bien par être dépensé. Mais au moins, on ne pourra pas dire que la municipalité n’a pas versé de budget sur ces sujets. Après, peu importe qu’ils soient utilisés efficacement, et que l’on jauge de leur efficacité avec une analyse postérieure. Non, seule la ligne budgétaire accordée puis consommée compte.

Mais pourquoi s’en étonner alors que l’on entend tous les jours les politiques se battre à coup de chiffres sur les budgets consacrés aux mesures et aux aides, sans jamais en évaluer le retour sur investissement. Pourquoi le feraient-ils d’ailleurs puisque le peuple est tellement rassuré par l’annonce des chiffres qu’il en oublie le résultat. Encore un effet de la bonne conscience…

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22 novembre 2006

De l’ADN à l’eugénisme

Excellent numéro de « Zone interdite » dimanche soir sur le sujet ADN. Excellent à tous les niveaux : l’originalité du sujet, son traitement fouillé et sans polémique, la diversité des questions soulevées par la technologie des tests ADN. Bravo !

On parle souvent de l’ADN dans un contexte policier de recherche de criminels ou de violeurs, l’intérêt du reportage était de montrer les autres aspects qui s’avèrent à la fois nombreux et surprenants. Comme toute avancée technologique rapide, elle a pris de court la législation et pose des questions à la fois éthiques et judiciaires pas encore bien appréhendées. Entre le père tentant de prouver (illégalement car le test ADN est encore interdit en France hors procédure judiciaire) que l’enfant de son ex amie qui l’a quitté est bien le sien pour pouvoir faire valoir ses droits et reconnaître cet enfant, et la situation inverse où une mère ressurgit brutalement dans la vie d’un homme afin de prouver que cet homme « d’un soir », qu’elle a connu au plus quelques jours et perdu de vue depuis des années, est bien le père génétique de son enfant, ceci à des fins plus ou moins mercantiles de versement de pension, les intérêts sont multiples et pas toujours mus par l’intérêt de l’enfant.

Le thème des enfants nés à partir de dons anonymes de sperme était aussi étonnant. On semble découvrir bien tard que les bébés conçus il y a des années à partir du sperme d’un donneur anonyme ne restent pas toute leur vie des bébés. Ils finissent par devenir des adultes à la recherche de leur moitié génétique inconnue et sont confrontés à l’anonymat que les donneurs ont souhaité conserver. Aux Etats-Unis, ces enfants et jeunes adultes se rejoignent sur des sites internet et y publient la seule information qu’ils connaissent de leur père génétique, son numéro, afin de se découvrir des demis-frères et sœurs ayant le même que le leur. Voire prendre contact avec ce père génétique dans les rares cas où celui-ci accepte de briser son anonymat.

Ces mises en communs ont permis à certains de se trouver plusieurs dizaines de demis-frères et sœurs. La sur utilisation par des organismes peu scrupuleux du sperme d’un même donneur pour la conception d’un grand nombre d’enfants se dévoile ainsi peu à peu, pointant les excès qui ont été commis dans le passé et qui remontent à la surface petit à petit. En effet, contrairement à ce qui se passe en France, le donneur est rémunéré aux USA.

Ce reportage laissait un goût amer : bien que son nom ne fût jamais mentionné, n’assistions-nous pas à un premier pas involontaire et discret vers une sorte d’eugénisme légalisé… ?

 


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19 novembre 2006

Ségolène Sarkozy : même combat

La victoire écrasante de Ségolène Royal aux primaires du PS est tout à la fois une surprise et une non surprise. Une surprise car le discours novateur qu’elle a tenu n’a pas pour habitude de plaire aux électeurs du PS. Une non surprise car cette victoire était annoncée par les sondages, même si ceux-ci se trompent souvent.

Ségolène et Sarko ont en fait de nombreux points communs. Certes pas dans les idées, mais dans le bris d’une certaine langue de bois qui nous était infligée depuis des décennies. Avec tous ces sujets interdits et tabous. Interdit de dire que les jeunes de banlieue qui incendient des voitures et cassent des commerces sont des délinquants. Interdit de dire que les professeurs pourraient (devraient ?) assurer 35h de présence au collège. Interdit de dire que de nombreux chômeurs truandent les Assedic. Interdit de dire que la mixité sociale censée être apportée par la carte scolaire c’est du bidon, etc, etc… Chacun dans son domaine a enfin dû quitter les routes balisées de la langue de bois et prendre le risque d’innover, donc de déplaire. Mais le courage semble payer par les temps qui courent.

Après avoir été sous le feu de la rampe ces dernières semaines, le PS va céder la place à l’UMP qui n’a pas encore désigné de candidat. L’organisation d’un débat contradictoire comme celui tenu par les protagonistes socialistes ne semble pas encore prêt à droite, en témoignent les récents sifflets des sympathisants UMP à l’égard de MAM (Michèle Alliot Marie) qui a osé critiquer Sarko lors d’un récent meeting.

Finalement, le discret François Bayrou pourrait tirer les marrons du feu à l’heure du vote, entre une Ségolène répulsive pour la gauche dure, et un Sarko considéré par beaucoup plus homme d’action qu’homme d’état.

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12 novembre 2006

50/50, pour sauvegarder le socle social : application pratique dans le secteur de la santé

Je découvre dans la presse aujourd’hui qu’un assureur bien connu vient de lancer une complémentaire santé comportant des cotisations partiellement remboursables, et fonctionnant d’une manière très similaire au 50/50 dont je vous parlais il y a quelques semaines. L’assuré peut souscrire, moyennant un surcoût de 15% de sa cotisation, à un contrat dans lequel la moitié de cette cotisation est acquise à l’assureur, tandis que l’autre lui est attachée en tant que réserve financière. S’il ne demande aucun remboursement dans l’année, cette réserve lui est remboursée. S’il a effectué des soins, ils sont imputés en priorité sur la réserve et le solde lui est remboursé. Si les soins dépassent la réserve, ils sont bien sûr pris en charge totalement.

L’idée fait donc son chemin, et le principe de la solidarité aveugle laisse peu à peu le champ à la solidarité responsabilisée. Attention cependant à ce qu’elle ne soit pas détournée par une utilisation que les assureurs appellent « l’anti sélection » à savoir dans ce cas que seules les personnes jeunes et bien portantes ne souscrivent ce type de contrat.

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15 septembre 2006

50/50, pour sauvegarder le socle social

Personne ne peut nier l’utilité d’un socle social solide dans notre société. Les partis traditionnels s’accordent tous là-dessus, leurs différences étant situées sur l’étendue de la prise en charge par la collectivité de ce socle : entre la totalité pour certains, avec le risque réel et vécu tous les jours de la déresponsabilisation et des abus, et le minimum pour d’autres pour lesquels il ne faut en aucun cas décourager le travail et l’entreprenariat par des mesures diluant les efforts individuels dans une assistance-perfusion collective.

Force est de constater, et je le constate très régulièrement, qu’une plus grande responsabilisation de chacun est nécessaire. Non seulement des abus sont commis quotidiennement, mais ces abus sont souvent qualifiés pudiquement de « système D » et acceptés par la population qui les trouve quasiment normaux. C’est là que ça ne va plus du tout.

Un exemple récent. Les assistants d’éducation ont des contrats d’une durée d’un an dans les établissements scolaires. Si un assistant a donné satisfaction, son contrat est généralement renouvelé l’année suivante. Et bien un grand nombre de ces assistants, alors que l’établissement souhaite prolonger leur contrat, préfère refuser pour « toucher » le chômage pendant un an aux frais de la collectivité, quitte après cette année d’oisiveté à reprendre un contrat d’un an afin de refaire le plein des droits, et recommencer le cycle « un an de travail, un an d’oisiveté payée ». Ce type de comportement, bien que scandaleux, est très peu critiqué, car on touche au thème de la « débrouillardise » à la française et à son sacro saint système D… Et puis tout cela est parfaitement légal, alors pourquoi pas moi ?

Il faudra bien que chacun comprenne que ces types de comportements, répétés par des milliers de personnes tous les jours, sont les plus grands pourfendeurs de notre protection sociale, bien loin devant les velléités les plus libérales, car il s’attaque insidieusement au cœur même du système, en le pourrissant petit à petit. La protection sociale est faite pour absorber les coups durs toujours possibles dans la vie de chacun, pas pour permettre à un grand nombre de « surfer » volontairement sur les différentes aides de façon à se fatiguer le moins possible ou à s’en mettre plein les poches sans lever le petit doigt.

C’est pourquoi je propose l’idée originale suivante pour traiter la protection contre le chômage, idée que je n’ai jamais rencontrée dans mes différentes lectures : le 50/50, c'est-à-dire couper la poire en deux entre solidarité individuelle et solidarité collective. Les cotisations chômage seraient versées pour moitié dans un « pot » individuel rattaché à la personne cotisante, et pour l’autre moitié dans un « pot » commun géré de façon collective et anonyme comme actuellement. En cas de perte d’emploi, les allocations versées au chômeur proviendraient en priorité de son pot individuel. Si après une période d’inactivité prolongée ce pot devenait vide, c’est alors le pot collectif qui prendrait le relais, selon les règles de couverture en vigueur. Le  pot individuel se remplirait à nouveau progressivement dès la reprise de l’activité (et toujours par moitié). Là où le système prend tout son intérêt, c’est qu’au moment du départ en retraite, les pots individuels non vides seraient acquis à la personne et lui seraient versés sous une forme à définir (capital ou rente).

J’y vois de nombreux avantages :

  • Responsabilisation de chacun sur l’effort de solidarité : en imputant d’abord les allocations versées sur le pot individuel, puis ensuite sur le pot collectif, on responsabilise la personne avec une sorte de franchise individuelle avant intervention de l’effort collectif : franchise n’est peut être pas le bon terme car elle reste gratuite et financée par le pot individuel.

  • En cas de situation de vrai coup dur, la solidarité collective est toujours là et joue son rôle habituel.

  • Les personnes n’ayant pas abusé du système (…) sont récompensées à leur départ en retraite : les sommes du pot individuel non utilisées leur sont reversées, ce qui encourage les bons comportements et décourage les abus en tout genre. Par contre, les sommes du pot collectif ne leur sont pas restituées (de nouveau la solidarité collective).

Quant aux inconvénients, franchement je n’en vois pas vraiment par rapport au système actuel, sinon peut être une gestion un peu plus pointue à faire des différents pots. Mais à l’heure de la convergence des organismes de protection sociale et de leurs systèmes d’information, cela est beaucoup plus simple qu’il y a quelques années.

Je pense d’ailleurs que ce type de système (50/50) pourrait s’appliquer avec bonheur dans d’autres domaines de la solidarité collective, car il en garde tous les avantages tout en apportant une responsabilisation beaucoup plus importante de l’individu face au collectif. C’est je pense une voie novatrice à explorer dans les solutions à mettre en œuvre pour sauvegarder notre socle social.

Qu’en pensez-vous ?

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11 septembre 2006

11 septembre 2001/2006 : la chute

Comment échapper aujourd’hui et les jours prochains aux commémorations médiatiques des événements tragiques d’un certain 11 septembre 2001 ? Plusieurs documentaires sont programmés sur différentes chaînes, la plupart ayant d’ailleurs déjà fait l’objet d’une diffusion par le passé.

L’un cependant a retenu mon attention (et était me semble t-il inédit à l’antenne), il s’agit du reportage diffusé hier soir sur M6 et consacré à un sujet passé dans l’ombre, et même carrément tabou aux Etats-Unis : les personnes ayant choisi leur mort ce jour là en se jetant par les fenêtres du World Trade Center.

On estime à 200 le nombre de ces personnes, chiffre très important qui donne la mesure du silence de plomb entourant leur fin « différente ».

Le reportage analysait la réaction médiatique dans les jours ayant suivi le 11 septembre, période pendant laquelle les images des télés américaines étaient centrées sur l’archétype du « héros américain », à savoir le pompier et le sauveteur en général. Tous unis derrière l’emblématique drapeau aux étoiles.

Pas question d’aborder le sujet des « sauteurs », la version officielle sera d’ailleurs que ces personnes ont été éjectées dans le vide à la suite d’explosions ou de chutes malencontreuses, mais en aucun cas par volonté délibérée de choisir leur mort.

Un photographe professionnel ayant pris toute une série de clichés de ces chutes en a découvert une qui résumait parfaitement la tragédie de ces hommes et femmes poussés au bout d’un choix sans issue. Un homme (non reconnaissable) chutant la tête la première, le corps absolument vertical et semblant complètement relâché, comme acceptant totalement ce choix ultime. Cette photo, bien qu’envoyée à l’ensemble des médias américains, ne fut reprise que par un seul journal régional en grand format et en quatrième de couverture. Le tollé qui s’en suivit fit que plus jamais à partir de ce jour ne fut publiée une seule photo en rapport avec ces événements aux Etats-Unis, le sujet étant complètement tabou.

Le suicide n’était pas compatible avec l’image du héros, même dans ce cas extrême où la fin de l’histoire était de toute façon identique pour toutes ces personnes. Une famille refusa de reconnaître dans l’image du « sauteur » un de ces membres, non pas par dissemblance physique (même s’il s’avéra plus tard que cette personne n’était probablement pas le « sauteur »), mais par refus de principe d’accepter un suicide familial dans un milieu latino américain très attaché à la religion.

La plupart de ces personnes se trouvaient dans les étages supérieurs, au dessus des impacts des avions, et n’avaient donc aucune chance de survie ce jour là. Leur seule liberté était le choix de leur fin. La moindre des choses eut été de respecter ce choix.

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19 août 2006

Le jeu politique

Ce week-end va sonner le retour de nombreuses personnes dans leur foyer et sonner leur rentrée professionnelle, avant les rentrées scolaire et politique.

Rentrée politique placée sous le signe des manœuvres présidentielles. Le temps de l’observation touche à sa fin, il s’agit maintenant de remporter la première manche, à savoir le droit de participer. Si dans certains partis cela n’est qu’une affaire de routine, il en est d’autres où l’abondance de candidat(e)s rend le passage de cette première étape encore plus difficile que l’élection elle-même !

Puisque l’on parle du PS, diverses stratégies sont possibles. Le candidat du PS est élu démocratiquement par les membres du parti. Certes. Mais faut-il que chaque membre vote en son âme et conscience pour son candidat préféré, ou faut-il qu’il analyse plus globalement la situation pour essayer de favoriser, non pas forcément son candidat préféré, mais celui qui a le plus de chances « d’aller au bout » ?

Au risque de lapalissades, cela implique :

  • De choisir le candidat « A » dont on se sent le plus proche de par les idées et les réformes qu’il véhicule

  • D’évaluer indépendamment de ce premier choix le candidat « B » qui a raisonnablement le plus de chances de l’emporter au second tour s’il est confronté aux probables candidats de la droite (sans oublier de passer le premier tour…). Pour ce choix, les sondages incessants peuvent éventuellement vous aider (mais gare à la manipulation, vous aurez été prévenus)

  • Deux scénarios sont alors possibles :

    • Les candidats « A » et « B » sont les mêmes : vous avez de la chance et vous évitez une belle migraine : votez tout simplement pour ce candidat lors des primaires du PS (sans oublier d’y retourner au premier et au second tour des présidentielles !)

    • Les candidats « A » et « B » ne sont pas les mêmes. La situation se complique, car il va falloir faire un choix entre le cœur et la raison, les idées et le pragmatisme.

Comment faire ce choix cornélien : voter pour la vision qui se rapproche le plus de vos idées, mais qui a une probabilité plus faible de l’emporter, ou faire des concessions dans votre vision idéale de la société et choisir un candidat du même parti (si la notion de parti a encore un sens) ayant plus de chances de pouvoir mettre en œuvre une vision certes un peu moins proche, mais en tout cas plus proche que celle qui risque de passer en cas d’échec.

Franchement, mais je l’ai déjà dit dans un post précédent, je pense qu’un candidat PS autre que Ségolène a une chance faible de gagner au second tour. Ségolène a un potentiel de nouveauté et d’accroche au centre qui lui permettrait sûrement de l’emporter au second tour. La difficulté pour elle sera de passer les primaires du PS, et aussi d’arriver au second tour car les voix de l’extrême gauche du PS pourront lui manquer au premier tour, contrairement à un « éléphant ».

Comme pourrait dire un Domenech de la politique : l’objectif est d’être là et de gagner au second tour, ce qui se passe avant, ce n’est que la montée en charge et la préparation de cet instant.

Alors : Ségolène ?

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07 août 2006

Retour de vacances

Partir en vacances a deux attraits : celui de partir, et celui d’être en vacances. Je trouve les deux aussi importants, et lorsque je reprends le rythme habituel à mon retour, j’ai même souvent plus de mal à me faire à l’idée de retour à notre milieu ambiant qu’à celle de fin des vacances (mais ça vous aviez dû vous en apercevoir déjà depuis un moment, j’ai de plus en plus de mal à supporter l’état d’esprit de nos contemporains franco-français). C’est pourquoi les vraies vacances pour moi, c’est forcément dans un contexte différent, et la plupart du temps hors de nos frontières. Et même dans le cas où elles restent métropolitaines, c’est quasi obligatoirement sans médias (pas de télé, de radio, de journaux, de téléphone). C’est ça le vrai luxe aujourd’hui, et en plus c’est gratuit donc autant en profiter.

Le problème, c’est que le retour est difficile. Non pas tellement pour les vacances même si elles ont été formidables, car elles le sont en partie justement à cause de cette aspect éphémère, mais surtout à cause du retour. Les moments les plus difficiles sont le premier contact avec un « homme de la rue », et le premier journal d’informations TV. Vous êtes parti parfois plusieurs semaines et vous vous apercevez que rien n’a changé. Que la conversation dans la rue est  la même. Que la plainte languissante de l’homme de la rue contre le gouvernement, les fonctionnaires, etc… est  la même. Que Claire Chazal vous assène toujours la même désinformation de la même voix monocorde et triste à faire débander une horde d’orangs outans venant d’avaler un conteneur entier de piments. Que l’on vous montre une fois de plus : des explosions avec des morts, un incendie de forêt criminel, un vieux (pardon, un senior) « caniculé », des sans papiers à régulariser sans fin, une hausse des tarifs de toutes sortes, des cartes météos avec des niveaux d’alertes comme si la fin du monde était arrivée, alors que l’on est juste en été et qu’il fait chaud, c’est normal (et la définition de l’été). Bref, on vous donne votre ration quotidienne de concentré d’abrutissor, ce médicament prescrit pour tous et composé d’un mélange de craintes, de stress et de bonne conscience. La dose qu’il faut pour vous faire un peu peur et vous tenir sous contrôle, et celle qu’il faut aussi pour vous donner l’illusion d’être utile (la fausse bonne conscience à la française : SDF, sans papiers, restau du cœur, lutte contre précarité-chômage-sélection, vieux « caniculés », etc, etc…).

C’est déjà insupportable en cours d’année, mais lorsqu’on a arrêté plusieurs semaines, c’est vraiment un choc : l’impression brutale de vivre un roman de science fiction et d’être le témoin d’une vaste entreprise de dictature des cerveaux et de décervelage à grande échelle.

Pour conclure, un exemple d’il y a plusieurs mois vécu lors d’un retour de l’étranger. Je passe la frontière en milieu de nuit et m’arrête peu après dans une station service. Il est 3 heures du matin, je n’ai pas discuté avec un français depuis plusieurs semaines, il n’y a pas d’autres clients et j’ai donc tout le temps d’échanger quelques mots avec le pompiste. Je laisse parler mon interlocuteur. Il embraye aussitôt sur le prix du litre de carburant qui n’arrête pas de monter, sur le gouvernement qui ne veut pas baisser les taxes sur l’essence (mon interlocuteur sait-il que le prix du baril de pétrole a été multiplié par 4 en moins de 4 ans, ce que n’a pas fait le prix du litre à la pompe ?), puis sur les fonctionnaires « qui ne font pas grand chose », avant de râler contre ceux de la sécurité sociale, auprès desquels il a du mal à se faire rembourser (« ils me renvoient des papiers à compléter et il manque toujours quelque chose »). Mais pourquoi donc tous ces papiers ? L’explication ne tarde pas à venir : « j’ai été 2 semaines en arrêt maladie pendant le dernier mois ».

Je repense à la mère croisée cet été à quelques milliers de kms de cette scène, mendiant devant une pharmacie, l’ordonnance à la main, de quoi payer les médicaments prescrits à sa petite fille, debout à ses côtés…

La boucle était bouclée…

Bienvenue en France !

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13 juillet 2006

Juillet est fini

Les feux d'artifices du 13 juillet annoncent ceux du 14.

Le 15, je vous quitte momentanément pour un temps d'évasion...

Retour tout début août pour des chroniques toujours sans tabous !

A bientôt.

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