Chroniques sans tabous sur le monde qui nous entoure

OUI à la précarité... de la vie !

07 avril 2006

La girouette qui dit non

On ne dirige pas un pays assis sur la girouette des manifestations.

Dans un avion, tous les passagers font confiance au pilote. Personne ne lui reproche de voler à 8000m au lieu de 9000m, ou de ne pas faire de virage à droite lors du survol de Neuilly sur Seine. Le pilote a un cap, il trace sa trajectoire en fonction des routes aériennes, des conditions météos, et des éventuels aléas et retards. Ce qu’on lui demande est de tenir ce cap afin d’arriver à destination dans les délais prévus et dans les meilleures conditions de sécurité. Personne ne va le voir toutes les 5 minutes pour lui demander pourquoi il vient de faire un virage à gauche alors que ce n’est pas exactement la direction. Les passagers ne se promènent pas avec des banderoles en disant « non au virage à gauche, vive le virage à droite », et en menaçant d’organiser un vote d’ici 10 minutes pour élire la plus belle hôtesse de l’air qui remplacera le pilote si celui-ci ne suit pas les recommandations indiquées sur leurs banderoles. Chacun reste à sa place, et on arrive à destination, même si l’on a croisé au passage quelques turbulences.

Exprimer une opinion est une chose. Mais il faut laisser les institutions faire leur travail. Chacun pourra exprimer son mécontentement ou sa satisfaction lors des présidentielles de 2007. Mais il faut comprendre qu’il y a un temps pour le vote, et un temps pour l’action. Que chaque vote a un objectif précis et n’est pas un sondage de popularité d’untel ou untel (cf. la confusion des genres lors du référendum sur la constitution européenne). La démocratie, c’est le pouvoir du peuple à élire ses représentants, pas à les empêcher de travailler lorsqu’ils ont été élus légalement.

Pour conclure, je vous propose ces quelques mots d’Ezra Suleiman (professor of European studies at Princeton) lus dans Time il y a quelques jours, à propos du CPE et du remue-ménage agitant la France : « It’s pure negativism, and that’s typical of today’s France. No one is suggesting what should be done instead to increase employment. It seems like the only solidarity France can find these days is solidarity in negative action. »

Pour les non anglophones, cela donne quelque chose comme : « C’est du pur négativisme, et c’est emblématique de la France d’aujourd’hui. Personne ne propose quoi que ce soit à la place [du CPE] pour créer des emplois. Il semble que la seule solidarité que la France puisse trouver aujourd’hui est la solidarité dans l’action négative. »

C’est dur mais c’est tellement vrai.

Posté par 2905 à 00:30 - Evolutions - Commentaires [1] - Rétroliens [1] - Permalien [#]

Commentaires

Défendre la démocratie

Dans la tradition républicaine, les institutions et la loi sont sacralisées en tant qu'instruments des libertés fondamentales et de l'ordre public. Les voir ainsi bafouer par ceux qui sont chargés de les faire vivre n'augure rien de bon. C'est affligeant et inquiétant alors que la démocratie doit se défendre contre ses ennemis déclarés.

Posté par Pierre Lacour, 06 avril 2006 à 23:50

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