Chroniques sans tabous sur le monde qui nous entoure

OUI à la précarité... de la vie !

29 mai 2006

29 mai 2005… 29 mai 2006 : un triste anniversaire

Déjà un an depuis le référendum sur la constitution européenne qui s’était soldé par un NON déprimant.

Les chinois ont l’année du chien, du buffle ou du lapin, nous les français nous avons eu l’année du NON :

  • NON à la constitution européenne

  • NON à l’intégration dans les banlieues

  • NON au CPE

En fait ces 3 NON correspondent à un même malaise : la peur et la paralysie devant l’avenir.

Tel un troupeau apeuré, une partie de la population n’arrive pas à comprendre que son salut ne proviendra pas de la crispation sur le statu quo, telle la moule sur son rocher,  ni de son rejet de tous ses problèmes sur les institutions, mais de son entrée volontariste dans le monde d’aujourd’hui de façon positive, et de la prise de responsabilité et de maturité qui en découlent.

Tant que certains seront vissés sur le passé et regarderont en arrière pour expliquer leur immaturité à embrasser l’avenir, ils ne feront que renforcer leurs peurs et leur amertume devant leurs échecs.

Qu’on ne s’y trompe pas, et là-dessus l’histoire est éloquente. Depuis une trentaine d’année, les pays qui ont réussi à « s’en sortir » sont les pays qui ont su, malgré leur histoire, regarder résolument vers l’avenir, sans effacer le passé, mais en le mettant à la place où ce dernier doit être, qui n’est pas au premier plan. Au contraire, les pays dont le regard est resté rivé en arrière ne sont généralement pas sortis de l’ornière. C’est d’ailleurs un cercle vicieux : les problèmes appellent une explication, et l’explication la plus acceptable par les gouvernants et la population est celle qui déresponsabilise ceux qui sont pourtant responsables de ce fiasco, à savoir justement les politiques de ces pays, et dans une certaine mesure la population trop souvent complaisante, incapable de faire mettre en place les structures nécessaires au progrès.

Les chinois auraient pu faire comme certains pays africains, et expliquer leur retard d’il y a 20 ans par l’invasion japonaise ou le communisme. Ils seraient là à se tourner les pouces et à manifester contre l’occupant japonais du début du siècle dernier responsable de tous leurs malheurs. Pourquoi pas d’ailleurs mettre les mongols dans le coup, et oui, ce sont les ravages causés par les mongols au 13ème siècle qui expliqueraient les virtuels problèmes chinois. C’est tellement plus simple. Ils n’ont pas regardé une seconde en arrière, et ont foncé droit devant pour remporter la mise.

Pour d’autres pays, les années se suivent et se ressemblent. Près de 45 ans après la décolonisation, certains pays africains n’ont toujours pas franchi la ligne de départ, refusant d’avancer en se justifiant par des faits passés et que 90% de leur population n’a même pas vécu ! Cela est d’autant plus inacceptable que certains de ces pays ont des ressources naturelles et des richesses importantes qui auraient dû leur permettre un développement continu depuis des dizaines d’années. Mais il est plus facile de s’en mettre plein les poches et d’accuser le « grand méchant » de tous les maux. Celui-ci peut être au choix : l’ancien colonisateur, ou le « grand satan ». Chez nous en France, nous nous considérons plus cérébraux donc on a choisi quelque chose de plus abstrait, la « mondialisation ».

Il y a un temps pour tout : un temps pour détecter les erreurs, un temps pour en tirer l’expérience pour la suite, et un pour avancer résolument vers l’avenir.

Posté par 2905 à 20:25 - 29 mai 2005 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


23 mai 2006

Chômage dans les cités

J’ai lu il y a quelque temps un article consacré au chômage des jeunes dans les cités qui en avançait une explication (parmi d’autres) dont on entend rarement parler : le manque de réseau professionnel de leurs parents.

En effet, les parents des jeunes des cités, qui sont à 50% des ouvriers, sont beaucoup moins bien insérés dans le monde du travail, en particulier ceux d’origine maghrébine. Le tableau qui suit est éloquent :

Chômage des jeunes dans les cités

Père travaille

Mère travaille

Origine maghrébine

57%

23%

Autre origine

81%

63%

On peut donc en déduire que 33% des jeunes des cités d’origine maghrébine n’ont aucun de leurs 2 parents qui travaille (dans le cas d’un foyer monoparental, j’imagine que la proportion est encore plus forte). Pour ceux d’une autre origine, elle n’est que de 7%, mais la proportion de chômage des parents est quand même nettement supérieure à la moyenne nationale. Ce manque d’insertion de leurs parents et donc de leurs proches dans le monde du travail entraîne une déconnexion des réseaux d’emplois. Or chacun sait que l’influence du réseau est importante, surtout dans le cas d’un premier emploi où l’événement déclencheur qui va permettre au jeune de mettre le pied à l’étrier et d’acquérir une première expérience va souvent être issu d’un membre de la famille, ou va provenir d’une opportunité liée à l’activité professionnelle d’une de ses connaissances (les amis d’amis). Comme les relations se font souvent entre milieux socio culturels similaires, le problème s’en trouve accentué.

De plus, rechercher un emploi ne s’improvise pas, et la technique de recherche, l’assiduité dans le temps, la méthode, la rigueur de la présentation sont facilités par des proches connaissant les contraintes du monde du travail et le B-A-BA de la rédaction d’un CV, de la conduite à tenir au cours d’un entretien, etc… Même si pour un premier emploi, tout cela ne nécessite bien souvent qu’un peu de bon sens et de savoir vivre, ce ne sont pas toujours des réflexes pour certains jeunes. Des comportements basiques comme une bonne présentation, une image dynamique, la ponctualité, les règles de politesse élémentaires ne sont parfois pas connus ou pas considérés comme de nature à jouer un rôle dans la recherche d’un emploi.

Et l’apparente facilité de réussite de certains (stars de la télé, ou tout simplement dealer local) a tout simplement fait oublier qu’une recherche d’emploi se fait sur la durée et ressemble plus à une course d’endurance qu’à un sprint, nécessite une organisation rigoureuse et non pas de l’esbroufe au jour le jour, demande de la ténacité et du mental, et non pas le découragement à la première difficulté. Et aussi, et surtout, de faire le point sur ses échecs et corriger le tir, et non pas en imputer la responsabilité à la terre entière – sauf soi-même bien sûr.

Posté par 2905 à 22:00 - Evolutions - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mai 2006

Coupable…avant l’acte !

Peut-on être jugé coupable de ce que l’on aurait très probablement fait mais que l’on n’a pas encore fait ou pu faire ?

Le procès Moussaoui est maintenant achevé et le verdict est tombé : emprisonnement à perpétuité. La peine de mort a donc été évitée, ce qui n’était pas évident au départ au vu des critères américains. Ce procès était intéressant dans le sens où il posait la question : « Peut-on être condamné pour des actes que l’on n’a pas pu commettre parce que l’on a été arrêté juste avant, ou  dans lesquels on a pris une part active dans leur préparation ou leur réalisation sans réellement les commettre ? ». Le jury américain a choisi de ne prendre en compte que les faits réellement commis par l’accusé, et non pas les morts du 11 septembre.

Si vous avez vu le film de fiction « Minority report », une problématique similaire était traitée. Je vous rappelle l’histoire : une ville met au point un système de détection des futurs meurtriers quelques heures avant qu’ils n’agissent réellement. Trois personnages extralucides envoient à un « contrôleur » leurs visions représentant le meurtrier commettant son crime. L’unité spéciale de la police dirigée par ce contrôleur se rue alors à la recherche du présumé coupable de façon à l’appréhender juste avant son passage à l’acte. Tout va pour le mieux et le taux de criminalité se rapproche de zéro, jusqu’au jour où la vision reçue par le contrôleur est la sienne propre, commettant un crime sur une personne qu’il ne connaît pas. Traqué par sa propre équipe, il décide de rechercher sa victime potentielle afin de comprendre le fonctionnement de ce système ainsi que ses tenants et aboutissants, en découvrant à la fois la redoutable efficacité et les dérives… Un moment clé du film est bien sûr sa confrontation avec sa potentielle victime…

On peut aussi étendre l’analogie au comportement de l’opposition gouvernementale en général : peut-on dire n’importe quoi ou se livrer à n’importe laquelle des démagogies sous prétexte que, n’étant pas au pouvoir, on ne peut pas la mettre en œuvre ? L’électeur joue alors le rôle de la police, stoppant de façon anticipée le potentiel fauteur de trouble avant qu’il ne mette en œuvre ses desseins. Il ne reste plus qu’à trouver les trois personnages extralucides… Voyons, c’est évident, cherchez un peu ? Allumez donc votre TV, écoutez votre radio, ouvrez votre journal…

L’électeur dans le rôle d’exécutant des basses œuvres d’une unité spéciale de la police gouvernée par les médias ? L’image est saisissante, vous ne trouvez pas ?

Posté par 2905 à 23:27 - Paradoxes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mai 2006

Du speed dating à l’auto-stop

Après 3 chroniques consacrées à l’éducation nationale, changeons nous les idées avec le « speed dating » et l’auto-stop. Comme vous le savez, le speed dating consiste en une série d’entrevues à la chaîne et en temps limité (souvent entre 5 et 10 minutes). Il est utilisé essentiellement pour faire des rencontres et trouver l’âme sœur, mais on voit maintenant le système s’étendre à des salons de recherche d’emploi. Je n’ai jamais pratiqué le speed dating, mais il me rappelle une autre sorte de confrontation que j’ai par contre pratiquée allègrement il y a maintenant quelques années (…), et que j’ai eu de nouveau l’occasion de redécouvrir dernièrement : je veux parler de l’auto-stop.

Quel rapport entre l’auto-stop et le speed dating, me direz-vous ?

Alors que le premier est en nette perte de vitesse depuis maintenant une quinzaine d’années, le second se développe rapidement. Ils ont bien sûr en commun de créer un huis clos forcé entre 2 personnes qui ne se connaissaient pas l’instant d’avant, et qui ne se reverront généralement jamais l’instant d’après. Des instants privilégiés où tout peut se passer. Bien sûr, les conditions de la confrontation diffèrent : une durée très courte pour le speed dating, une sécurité totale (des personnes triées préalablement, une organisation officielle, un lieu public), alors que la durée d’une prise en stop peut aller de quelques minutes…à plusieurs heures, voire plus dans certains cas exceptionnels, tout ceci dans un cadre non sécurisé (un inconnu complet non sélectionné, une circonstance aléatoire, une voiture en pleine nature).

Depuis plusieurs années, notre paranoïa sécuritaire, martelée par les médias 24h/24 (pour ceux qui veulent bien se laisser faire, je le répète), a sonné le glas de l’auto-stop. Il est devenu quasiment marginal, ceux qui lèvent encore le pouce sont scrutés par les automobilistes qui se demandent à qui ils ont affaire : un repris de justice ? Un violeur en cavale ? Un vagabond errant ? Un clochard odorant ? Cette interrogation est d’ailleurs à double sens. Personne n’imagine plus avoir affaire tout simplement à quelqu’un qui souhaite aller d’un point à un autre et qui a choisi ce moyen car il avait le temps de la rencontre, ou tout simplement n’avait guère le choix entre d’autres moyens de transport.

L’avantage de l’auto-stop, c’est qu’il permet de rencontrer des personnes que l’on n’aurait jamais connues sinon, non parce que l’on n’aurait pas eu l’occasion de les croiser, mais parce que nous sommes malgré nous prisonniers de rencontres préprogrammées « socioculturellement parlant ». C’est d’ailleurs à peu près le seul point positif que j’ai retiré de mon service militaire, la rencontre de personnes « improbables ». Il faut avoir vu un de ses collègues de chambrée demander à ce qu’on lui rédige la lettre destinée à sa petite copine pour comprendre vraiment ce qu’est l’illettrisme… D’une voiture à l’autre, vous pouvez passer de la rhétorique quasi intégriste d’un écolo obtus à celle plus vraie que nature d’un lepéniste « et fier de l’être », d’un jeune prof nouvellement affecté dans la région à un militaire en déplacement, d’une mère de famille ayant seulement souhaité vous rendre service à un homme pas très causant vous ayant ouvert sa porte « comme ça » : les assemblages se suivent et ne se ressemblent pas, et vous êtes au milieu de tout cela, vous demandant finalement pourquoi ces personnes si différentes et d’avis si contraires avaient finalement en commun de s’arrêter ce jour là pour vous.

A vrai dire, une telle expérience fait office de réconciliateur de différences, et je vous la conseille occasionnellement (dans les 2 rôles) pour de petits trajets, c’est une formation gratuite à la tolérance qui vous réconcilie avec la nature humaine. Même si le risque zéro n’existe pas, comme pour tout.

Posté par 2905 à 23:12 - Evolutions - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 mai 2006

Tabou N°2 : L’éducation (nationale) : réflexions complémentaires

Sur un tel sujet, on pourrait discuter pendant des heures, mais cela a déjà été fait un million de fois sans grand effet. Voici cependant quelques dernières réflexions :

·         Tutorat : les élèves rencontrant des difficultés doivent pouvoir être encadrés de plus près, et donc avoir certaines heures en groupe restreint, voire très restreint (3 ou 4 élèves pour un enseignant). Ces élèves doivent être suivis par un adulte « tuteur » ou « parrain » qui suit sa progression, l’encourage et le conseille (ce n’est pas forcément un enseignant). En effet, certaines familles sont complètement déstructurées et incapables de tenir ce rôle.

·         Les enseignants les plus compétents et les plus rodés doivent pouvoir être encouragés à avoir les classes les plus difficiles. Pour cela, il faut pouvoir les motiver car ce sont généralement des personnes expérimentées et chargées de famille qui aspirent, ce qui est légitime, à un peu plus de tranquillité en milieu de carrière. Qui voudrait enseigner année après année dans une banlieue difficile sans compensation ? Cela implique de pouvoir différencier réellement les salaires et/ou primes au mérite et à la difficulté de l’affectation.

·         Le lien entre les enseignements reçus et l’activité professionnelle doit être inculqué assez tôt, et un suivi d’orientation personnalisé doit être mis en œuvre tout au long de la scolarité. Ce suivi doit être réalisé par des personnes ayant une forte expérience du monde « réel » du travail (donc pas que des fonctionnaires n’ayant jamais mis les pieds dans une entreprise), et selon un cadre défini à partir de besoins de formation se déclinant selon les besoins nationaux, régionaux, et locaux.

·         Une partie de l’enseignement gagnerait à être standardisée quant au contenu et au mode d’apprentissage, probablement en utilisant les moyens d’aujourd’hui : la vidéo, la TV, internet… Cela permettrait que chacun reçoive un tronc commun dont la qualité serait reconnue et la même pour tout le monde. A ce propos, on peut se demander pourquoi, en dehors de quelques rares émissions de France 5 passant à l’heure où tout le monde dort, il n’existe pas déjà depuis plus de 20 ans des chaînes TV uniquement consacrées à l’enseignement et à la formation. Vu que c’est possible depuis tellement longtemps, vu que cela semble pourtant d’une évidence limpide, et vu qu’on n’en parle jamais, c’est que les forces contraires doivent être particulièrement importantes et le sujet d’un tabou imposant : est-ce un accord tacite des gouvernements successifs avec les lobbies syndicaux ?

·         Les syndicats enseignants doivent évoluer d’urgence. Trop souvent, ils défendent l’indéfendable, encouragent les comportements irresponsables de personnels, et agissent contre l’intérêt des élèves pour leur intérêt personnel (intérêt personnel à la fois pour leur syndicat et pour eux-mêmes). Les syndicats de l’éducation nationale ne doivent pas être ce que les avocats véreux sont à la justice. Ils ont un challenge énorme et passionnant pour les mois et années qui viennent : l’adaptation de l’enseignement au 21ème siècle. Alors qu’ils le prennent en charge et abandonnent leur rôle actuel de défense des incompétences, qui contribue au travail de sape du système éducatif national. C’est de la survie d’un enseignement gratuit et laïque dont il s’agit, et ces représentants syndicaux portent la responsabilité de sa survie.

·         Toujours sur les syndicats, je suis désolé mais lorsqu’on encourage les enseignants à ne pas accepter de prendre en charge le remplacement d’un collègue absent pour une durée inférieure à 15 jours (alors que ce remplacement fait maintenant partie des textes officiels de la loi Fillon), on a affaire à un comportement à la fois irresponsable, non professionnel, dans lequel l’intérêt de l’élève passe une fois de plus au second plan derrière la défense des avantages acquis d’une catégorie du personnel. Dans toutes les entreprises de France, le remplacement d’un collègue absent quelques jours se fait au pied levé, sans compensation salariale obligatoire, dans le souci de continuer à faire « tourner la boutique » jusqu’à son retour et de faire en sorte que l’absence de ce collègue soit la plus transparente possible, ce qui est une marque de respect pour ses clients, son entreprise, et son collègue absent. Alors lorsque qu’on se targue d’être un service public, que l’on est payé grassement pour ces heures de remplacement (tarif supérieur à celui des heures supplémentaires, lui-même déjà supérieur au tarif normal), et que l’on a la responsabilité d’une trentaine d’élèves entre les mains, le fait de refuser les heures est à mon sens une faute professionnelle grave, et en tout cas le signe que l’on se fiche totalement de l’intérêt des élèves.

·         La formation des enseignants doit être revue de fond en comble. L’apprentissage de la pédagogie et de la maîtrise de soi sont fondamentaux. Comme tous les métiers à forte tendance comportementale, certains ne sont pas faits pour ce métier, il faut les en dissuader à temps. Les comportements ne s’apprennent pas comme les verbes irréguliers, c’est beaucoup plus difficile, voire impossible pour certains.

·         Le gâchis des compétences doit cesser. Un professeur agrégé ne devrait pas être autorisé à enseigner en collège. On voit certains agrégés mener une existence tranquille avec un horaire de 15h de cours par semaine. Ils ont de surcroît une rémunération souvent supérieure au personnel de direction de l’établissement, qui a pourtant des responsabilités sans commune mesure et effectue souvent plus de 50h par semaine, tout ceci avec au moins 3 semaines de congés en moins. C’est inadmissible.

·         Le personnel non enseignant n’a pas à être fonctionnaire. Le service public rendu par l’éducation nationale est l’enseignement. Ce n’est pas la cuisine ou l’entretien de locaux. Un agent technique, un cuisinier, un personnel d’entretien, une infirmière qui travaillent dans un établissement scolaire n’ont pas à être fonctionnaires, mais doivent être salariés d’une entreprise privée ayant un contrat avec l’établissement.

·         Enfin, sur le temps de présence forfaitisé dans l’établissement, je précise que même si l’on demandait 35h de présence par semaine au corps enseignant (je suis vraiment naïf !), cela ne correspondrait en fait qu’à une semaine d’environ 27h annualisées, compte tenu des 80 jours (environ 16 semaines) de congés annuels de cette catégorie, à comparer avec les 25 jours de congés du privé. Je mets d’ailleurs quiconque au défi de faire comprendre cela à un personnel de l’éducation nationale. N’oublions pas que le salarié lambda a aujourd’hui entre 25 (de plus en plus rare) à 50 (les meilleurs accords d’ARTT) jours de congés, et que donc ces 80 jours permettent de corriger de temps en temps quelques copies chez soi.

J’arrête sur ce sujet miné de tabous.

Je précise quand même pour ceux qui auraient eu le courage d’arriver jusque là que tout n’est pas noir, je me suis volontairement concentré sur les points négatifs pour titiller là où ça fait mal et où il faut agir. Il existe des tas de personnels dévoués et compétents, et c’est pour eux que j’écris ces lignes, afin qu’ils aient enfin une chance d’être reconnus et valorisés pour leur travail et leur compétence. Qu’enfin leur mérite soit reconnu ! Tout ceci au bénéfice de la qualité de l’enseignement et de la réussite des élèves, ce qui est, ne l’oublions pas, le but in fine.

Posté par 2905 à 06:50 - Tabous - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 mai 2006

Tabou N°2 : L’éducation (nationale) : propositions

A partir des constats énoncés la dernière fois, voici quelques propositions brutes de fonderie qui découlent de cette réflexion évidente qu’enseigner, c’est un métier, et que donc cela doit être géré de manière professionnelle :

1.       Alterner les enseignements sous 3 formes différentes et complémentaires,  les 3 tiers :

·         1/3 cours magistraux traditionnels

·         1/3 cours, exercices et approfondissements par des moyens audiovisuels (dans l’établissement ou en dehors sur des chaînes TV)

·         1/3 suivi personnalisé (dont tutorat) et vérification des acquis en petits groupes

Cela apporte de nombreux avantages :

·         Une partie de l’enseignement est standardisée, d’une qualité certaine, et indépendante du niveau de l’établissement et de l’enseignant (syndrome du « mauvais » établissement, du prof « nul » ou absent). On fait un pas vers un socle minimum de qualité de l’enseignement, quel que soit sa ville ou son quartier et, pour une fois, en le nivelant par le haut.

·         Les cours en audiovisuel peuvent être visionnés dans l’établissement ou chez soi, à des heures où habituellement les enfants ou adolescents sont souvent tentés de regarder la télévision, ce qui propose une alternative à ces heures où souvent les enfants sont laissés à eux-mêmes et pas forcément pressés de réviser ou faire leur travail du jour (lorsque celui-ci n’est pas purement et simplement interdit par les textes !).

·         Ayant moins d’heures de cours magistraux, les enseignants peuvent, sans en avoir à augmenter leur nombre, s’occuper de plus petits groupes l’après midi, et réellement suivre les élèves le nécessitant, ce qui responsabilise encore plus l’élève mais aussi son professeur.

Ceci serait applicable dès le primaire où un ordinateur apporterait un support vraiment méthodique et logique à l’apprentissage de la lecture, tordant enfin le cou à la fameuse « méthode globale » qui a fait tant de dégâts (je peux en témoigner personnellement dans mon entourage !) et a été responsable de nombreux échecs ultérieurs, l’apprentissage de la lecture étant la base de tout.

2.       Forfaitiser les heures de présence des enseignants dans l’établissement, et non pas leurs heures de cours

Ce point est fondamental. Il faut enfin sortir du carcan des 18h de cours au collège pour les professeurs certifiés, et des 15h de cours pour les agrégés, avec ensuite un retour au plus vite chez soi, sans compter avec le lundi ou le vendredi qui leur sont très souvent libérés…sur leurs demandes insistantes lors de la constitution des emplois du temps… Les enseignants doivent effectuer un forfait d’heures de présence dans l’établissement, heures pendant lesquelles ils peuvent donner un cours, s’occuper d’un petit groupe, assister à des réunions de concertation entre enseignants, s’occuper de projets, être à la disposition des élèves qui le souhaitent pour un approfondissement, et corriger des copies s’ils n’ont pas d’autres activités prévues ce jour là. Les copies n’ont d’ailleurs pas vocation à être corrigées entièrement pendant les heures de présence. Ce temps obligatoire dans l’établissement faciliterait grandement la coopération des enseignants, la mise au point de projets et d’objectifs communs, la concertation, la présence et le conseil auprès des élèves en dehors des cours… Inutile de dire que de telles évolutions sont difficiles à envisager avec nos piètres syndicats actuels… !

3.       Donner une large autonomie de gestion aux chefs d’établissement

Les chefs d’établissement sont des chefs d’entreprise. Ils doivent avoir le pouvoir de gérer leur personnel. Cela implique qu’ils recrutent, évaluent, et puissent se séparer le cas échéant de :

·         Leurs enseignants

·         Leurs personnels techniques et administratifs

·         Le chef d’établissement doit pouvoir se séparer d’un enseignant ou d’un personnel technique ou administratif ne donnant pas satisfaction. Après un certain nombre d’affectations non satisfaisantes, cet enseignant pourrait être « radié » définitivement et ne pas simplement être affecté dans un autre établissement au soleil. Trop d’enseignants aujourd’hui ne sont manifestement pas fait pour ce métier qui a évolué. Ces personnes doivent sortir du circuit.

·         Le personnel enseignant doit être rémunéré au mérite, ce qui permet de motiver les bons enseignants ainsi que ceux qui choisissent des affectations difficiles, et d’abandonner enfin cette notation administrative bidon dans laquelle tous les professeurs sont « excellents ». Ce n’est pas vrai. Il y a des excellents professeurs, mais aussi des moyens, et aussi des nuls. Or on ne le dit pas souvent, ces derniers non seulement enseignent mal, mais sont aussi (et surtout ?) la source de la plupart des problèmes de discipline qui déstabilisent un établissement, ne sachant pas « tenir » leur classe.

La prochaine fois, la fin de cette chronique sur l’enseignement.

Posté par 2905 à 23:29 - Tabous - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mai 2006

Tabou N°2 : L’éducation (nationale) : constats

ATTENTION…TABOU… ATTENTION… TABOU…

L’éducation a besoin d’une remise à plat TOTALE et non plus de rustines. Il est impossible d’aborder ce sujet mammouthesque en une seule chronique, aussi je vais commencer aujourd’hui par dresser quelques constats :

  1. On enseigne en 2006 de la même façon qu’en 1906, dans une salle de classe avec un professeur debout devant un tableau et en face d’un parterre d’élèves assis avec des cahiers et des crayons, sensés rester captivés par l’orateur. Cela a-t-il encore un sens ? Est-ce exclusivement le mode d’acquisition des jeunes d’aujourd’hui ?

  2. Tous les cours se suivent et se ressemblent, quels que soient les élèves, leurs facilités/difficultés, leur désir d’apprendre, leur maturité, leur contexte familial. Le manque de souplesse, d’adaptation et de suivi/tutorat des jeunes est flagrant.

  3. Les enseignants ont trop souvent une démarche de travail de moyens et non pas de résultat : c’est 18h de cours (traduites trop souvent en 18h de présence au collège) quoi qu’il arrive ! Toute activité supplémentaire ponctuelle hors des heures de cours fait l’objet d’âpres négociations  (heures supplémentaires) ou est carrément refusée (hostilité syndicale sur tout dépassement des 18h par semaine). Les exceptions (et j’en connais !) se reconnaîtront.

  4. La cellule familiale des jeunes est de plus en plus éclatée. Divorce et chômage vont souvent de pair et créent des situations dramatiques. Le spectacle de parents chômeurs, ne se levant pas forcément le matin lors du départ à l’école, n’est pas fondateur d’une confiance dans l’avenir et donc dans l’utilité de l’éducation.

  5. Les tentations hors scolaires sont très fortes (dizaine de chaînes TV, dizaines de radio FM, musique portable MP3, films DVD/DivX à voir à la maison, jeux sur ordinateurs et consoles, internet, chat…), surtout lorsque les parents sont absents ou travaillent.

  6. La sélection et la formation des enseignants ne correspondent plus à la réalité à laquelle ils sont confrontés : en primaire et au collège, on a souvent plus besoin dans une classe de pédagogues bien dans leur peau que de têtes bien pleines d’études universitaires mais dépressifs.

  7. Les chefs d’établissement n’ont pas les pouvoirs suffisants pour la gestion de leur école, collège ou lycée. Ce devrait être des chefs d’entreprise. Ils devraient avoir une autonomie importante sur la gestion de leur personnel et de leurs moyens.

  8. Aujourd’hui, il est concrètement difficile d’encourager la compétence et le dévouement des personnels, tout autant que de décourager l’inverse. C’est le nivellement par le bas.

  9. L’école, le collège, le lycée, doivent-ils être les seuls lieux d’enseignement, ou des vecteurs complémentaires doivent-ils les accompagner ?

  10. Le monde professionnel apparaît opaque aux élèves (et aux professeurs !), les métiers sont mal perçus, tout comme le lien entre les études et un secteur professionnel. Une cartographie réaliste des métiers et des débouchés doit être établie et expliquée, et des conseillers d’orientation mieux formés aux réalités de l’entreprise.

La prochaine fois, la suite avec les propositions possibles.

Posté par 2905 à 21:31 - Tabous - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1