Chroniques sans tabous sur le monde qui nous entoure

OUI à la précarité... de la vie !

19 août 2006

Le jeu politique

Ce week-end va sonner le retour de nombreuses personnes dans leur foyer et sonner leur rentrée professionnelle, avant les rentrées scolaire et politique.

Rentrée politique placée sous le signe des manœuvres présidentielles. Le temps de l’observation touche à sa fin, il s’agit maintenant de remporter la première manche, à savoir le droit de participer. Si dans certains partis cela n’est qu’une affaire de routine, il en est d’autres où l’abondance de candidat(e)s rend le passage de cette première étape encore plus difficile que l’élection elle-même !

Puisque l’on parle du PS, diverses stratégies sont possibles. Le candidat du PS est élu démocratiquement par les membres du parti. Certes. Mais faut-il que chaque membre vote en son âme et conscience pour son candidat préféré, ou faut-il qu’il analyse plus globalement la situation pour essayer de favoriser, non pas forcément son candidat préféré, mais celui qui a le plus de chances « d’aller au bout » ?

Au risque de lapalissades, cela implique :

  • De choisir le candidat « A » dont on se sent le plus proche de par les idées et les réformes qu’il véhicule

  • D’évaluer indépendamment de ce premier choix le candidat « B » qui a raisonnablement le plus de chances de l’emporter au second tour s’il est confronté aux probables candidats de la droite (sans oublier de passer le premier tour…). Pour ce choix, les sondages incessants peuvent éventuellement vous aider (mais gare à la manipulation, vous aurez été prévenus)

  • Deux scénarios sont alors possibles :

    • Les candidats « A » et « B » sont les mêmes : vous avez de la chance et vous évitez une belle migraine : votez tout simplement pour ce candidat lors des primaires du PS (sans oublier d’y retourner au premier et au second tour des présidentielles !)

    • Les candidats « A » et « B » ne sont pas les mêmes. La situation se complique, car il va falloir faire un choix entre le cœur et la raison, les idées et le pragmatisme.

Comment faire ce choix cornélien : voter pour la vision qui se rapproche le plus de vos idées, mais qui a une probabilité plus faible de l’emporter, ou faire des concessions dans votre vision idéale de la société et choisir un candidat du même parti (si la notion de parti a encore un sens) ayant plus de chances de pouvoir mettre en œuvre une vision certes un peu moins proche, mais en tout cas plus proche que celle qui risque de passer en cas d’échec.

Franchement, mais je l’ai déjà dit dans un post précédent, je pense qu’un candidat PS autre que Ségolène a une chance faible de gagner au second tour. Ségolène a un potentiel de nouveauté et d’accroche au centre qui lui permettrait sûrement de l’emporter au second tour. La difficulté pour elle sera de passer les primaires du PS, et aussi d’arriver au second tour car les voix de l’extrême gauche du PS pourront lui manquer au premier tour, contrairement à un « éléphant ».

Comme pourrait dire un Domenech de la politique : l’objectif est d’être là et de gagner au second tour, ce qui se passe avant, ce n’est que la montée en charge et la préparation de cet instant.

Alors : Ségolène ?

Posté par 2905 à 00:34 - Paradoxes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


07 août 2006

Retour de vacances

Partir en vacances a deux attraits : celui de partir, et celui d’être en vacances. Je trouve les deux aussi importants, et lorsque je reprends le rythme habituel à mon retour, j’ai même souvent plus de mal à me faire à l’idée de retour à notre milieu ambiant qu’à celle de fin des vacances (mais ça vous aviez dû vous en apercevoir déjà depuis un moment, j’ai de plus en plus de mal à supporter l’état d’esprit de nos contemporains franco-français). C’est pourquoi les vraies vacances pour moi, c’est forcément dans un contexte différent, et la plupart du temps hors de nos frontières. Et même dans le cas où elles restent métropolitaines, c’est quasi obligatoirement sans médias (pas de télé, de radio, de journaux, de téléphone). C’est ça le vrai luxe aujourd’hui, et en plus c’est gratuit donc autant en profiter.

Le problème, c’est que le retour est difficile. Non pas tellement pour les vacances même si elles ont été formidables, car elles le sont en partie justement à cause de cette aspect éphémère, mais surtout à cause du retour. Les moments les plus difficiles sont le premier contact avec un « homme de la rue », et le premier journal d’informations TV. Vous êtes parti parfois plusieurs semaines et vous vous apercevez que rien n’a changé. Que la conversation dans la rue est  la même. Que la plainte languissante de l’homme de la rue contre le gouvernement, les fonctionnaires, etc… est  la même. Que Claire Chazal vous assène toujours la même désinformation de la même voix monocorde et triste à faire débander une horde d’orangs outans venant d’avaler un conteneur entier de piments. Que l’on vous montre une fois de plus : des explosions avec des morts, un incendie de forêt criminel, un vieux (pardon, un senior) « caniculé », des sans papiers à régulariser sans fin, une hausse des tarifs de toutes sortes, des cartes météos avec des niveaux d’alertes comme si la fin du monde était arrivée, alors que l’on est juste en été et qu’il fait chaud, c’est normal (et la définition de l’été). Bref, on vous donne votre ration quotidienne de concentré d’abrutissor, ce médicament prescrit pour tous et composé d’un mélange de craintes, de stress et de bonne conscience. La dose qu’il faut pour vous faire un peu peur et vous tenir sous contrôle, et celle qu’il faut aussi pour vous donner l’illusion d’être utile (la fausse bonne conscience à la française : SDF, sans papiers, restau du cœur, lutte contre précarité-chômage-sélection, vieux « caniculés », etc, etc…).

C’est déjà insupportable en cours d’année, mais lorsqu’on a arrêté plusieurs semaines, c’est vraiment un choc : l’impression brutale de vivre un roman de science fiction et d’être le témoin d’une vaste entreprise de dictature des cerveaux et de décervelage à grande échelle.

Pour conclure, un exemple d’il y a plusieurs mois vécu lors d’un retour de l’étranger. Je passe la frontière en milieu de nuit et m’arrête peu après dans une station service. Il est 3 heures du matin, je n’ai pas discuté avec un français depuis plusieurs semaines, il n’y a pas d’autres clients et j’ai donc tout le temps d’échanger quelques mots avec le pompiste. Je laisse parler mon interlocuteur. Il embraye aussitôt sur le prix du litre de carburant qui n’arrête pas de monter, sur le gouvernement qui ne veut pas baisser les taxes sur l’essence (mon interlocuteur sait-il que le prix du baril de pétrole a été multiplié par 4 en moins de 4 ans, ce que n’a pas fait le prix du litre à la pompe ?), puis sur les fonctionnaires « qui ne font pas grand chose », avant de râler contre ceux de la sécurité sociale, auprès desquels il a du mal à se faire rembourser (« ils me renvoient des papiers à compléter et il manque toujours quelque chose »). Mais pourquoi donc tous ces papiers ? L’explication ne tarde pas à venir : « j’ai été 2 semaines en arrêt maladie pendant le dernier mois ».

Je repense à la mère croisée cet été à quelques milliers de kms de cette scène, mendiant devant une pharmacie, l’ordonnance à la main, de quoi payer les médicaments prescrits à sa petite fille, debout à ses côtés…

La boucle était bouclée…

Bienvenue en France !

Posté par 2905 à 22:50 - Monde - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1