19 février 2007
Dans le panneau !
Si vous habitez en ville, vous êtes sans doute habitués à ces grands panneaux à affichage digital de quelques lignes, présents aux endroits stratégiques. Ces panneaux, en plus de vous tenir au courant de la date, de l’heure, et éventuellement de la température (histoire de bien vous rassurer des fois que la canicule d’été ou le gel d’hiver vous ait échappé…), vous informent sur l’actualité de votre commune et de votre quartier. Je ne sais pas comment cela se passe chez vous, mais les exemples que je connais sont assez déprimants. Hormis les programmes de cinéma et les éventuels spectacles, on a surtout droit à toutes sortes d’informations passionnantes et vivifiantes : SOS alcoolisme, SOS enfants, SOS femmes battues, SOS SDF, SOS personnes âgées, SOS défense de vos droits, etc… Je me sens presque comme un étranger à lire indéfiniment ces panneaux qui ne s’adressent qu’à une seule tranche de la population, minoritaire, et que l’on souhaite apparemment privilégier dans la communication. A lire jour après jour ces litanies de sous information, régler ses problèmes soi-même, assumer sa vie d’adulte, ne pas se reposer sur la collectivité sans avoir préalablement tout essayé, tous ces comportements de bon sens et responsables en deviennent presque à être considérés comme anormaux. C’est comme si on était dans un pays où seraient tellement vantés les organismes de prise en charge des boiteux que l’on en viendrait presque à avoir honte de faire l’effort de se maintenir en forme.
Il est vrai que les associations de toutes sortes fleurissent tous les jours sur ces types de sujet, abreuvées de tout côté par la bonne conscience démagogique des politiques (de toutes tendances) de la région ou du département. Ces associations cherchent souvent désespérément comment dépenser les sommes importantes qui leur sont allouées, presque à leur tort défendant. J’ai encore vécu récemment l’exemple d’une association recherchant auprès de collectivités et d’établissements scolaires à implanter divers projets à seule fin de dépenser des sommes parachutées dont elle ne trouvait pas d’application. Ou tout au moins si : à force d’organiser des réunions pour trouver quoi faire, le budget finira bien par être dépensé. Mais au moins, on ne pourra pas dire que la municipalité n’a pas versé de budget sur ces sujets. Après, peu importe qu’ils soient utilisés efficacement, et que l’on jauge de leur efficacité avec une analyse postérieure. Non, seule la ligne budgétaire accordée puis consommée compte.
Mais pourquoi s’en étonner alors que l’on entend tous les jours les politiques se battre à coup de chiffres sur les budgets consacrés aux mesures et aux aides, sans jamais en évaluer le retour sur investissement. Pourquoi le feraient-ils d’ailleurs puisque le peuple est tellement rassuré par l’annonce des chiffres qu’il en oublie le résultat. Encore un effet de la bonne conscience…
Commentaires
C'est vrai aussi pour "les emplois" et "la croissance". En effet, quels emplois? Fabrication de gadgets ou fourniture de services inutiles? Croissance par augmentation du volume d'activités néfastes à l'environnement, à la santé humaine, à la justice sociale, à la paix?
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